Pollution plastique - Comment lutter contre quand on est une TPE/PME ?

Publié le : 22 mars 2022
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Face aux chiffres énormes de la pollution plastique mondiale, que faire en tant que TPE/PME ? Voilà la question à laquelle nous allons tenter de répondre avec toujours en ligne de mire, l’action positive et vertueuse de tout un chacun.

On sait qu’individuellement, l’action des grosses entreprises a plus de poids que celle des petites entreprises. Surtout quand on pense à celles travaillant à l’extraction de la matière première du plastique : le pétrole. Cependant, à l’image des grains de sable qui ensemble composent nos plages, les petites choses peuvent avoir du poids. En effet, ne perdons pas de vue que le maillage des petites entreprises en France est majoritaire. C’est 99,9% de TPE/PME selon l’INSEE et 43% de la valeur ajoutée produite en France.

La pollution plastique en quelques chiffres

  • 353 millions de tonnes de déchets plastiques produits en 2019
  • 9% seulement sont recyclés
  • 22% sont carrément abandonnés
Déchets plastiques

Vous en avez sûrement entendu parler, le 6ème (ou 7ème) continent comme on l’appelle, n’est pas prêt de diminuer de taille. Les chiffres des déchets déversés dans la mer et les océans sont toujours astronomiques.

75% de ces déchets sont d’ailleurs composés de plastique !

Les conséquences sur la biodiversité sont catastrophiques et nécessitent que nous prenions les choses en main. Le rapport WWF estime que le plastique est responsable de la mort de plus de 100 000 mammifères marins chaque année et de plus d’1 million d’oiseaux. En 2016, la fondation Hellen Mac Arthur prévoyait même qu’en 2050 il y aurait plus de déchets plastiques que de poissons dans les océans.

L’un des problèmes du plastique est qu’il se dégrade au cours du temps devenant de plus en plus petit. Une fois sous la forme de micro et nano plastiques il devient quasi impossible à récupérer. L’ingestion de ces particules pour les espèces marines est inévitable. Si bien qu’aujourd’hui, on estime que 52% des tortues marines, 70% des poissons et 90% des oiseaux ont déjà ingéré du plastique. Les experts annoncent d’ailleurs que si plus aucun plastique n’arrivait dans l’océan, le nombre de microplastiques continuerait à augmenter jusqu’à doubler d’ici 2050. Or évidemment, les prédictions quant à un arrêt de la production de plastique, ne sont pas pour tout de suite.

Ces chiffres alarmants ne doivent pas nous décourager dans l’action, mais bien nous décider à agir ! Les entreprises peuvent jouer un rôle en tant qu’actrices de la société de manière locale et avec des répercussions mondiales.

Manifestation plastique

Entreprises et pollution plastique : chacun sa marge de manœuvre

Une forte responsabilité des grandes entreprises productrices de plastique

Dans le débat sur la pollution plastique, la responsabilité des entreprises est réelle. Effectivement, selon le rapport intitulé « The Plastic Waste Makers Index », ce sont 20 entreprises qui produisent à elles seules 55% de la production de déchets plastiques. Qui sont ces 20 entreprises ? Principalement des grands groupes pétroliers comme ExxonMobil ou Dow. Certes, on peut donc se dire que si ces géants américains du secteur, aussi premiers producteurs de polymère vierge, ne choisissent pas d’investir massivement dans la production de polymères recyclés ou pour des alternatives, à quoi bon ?

Les grosses entreprises ont évidemment une part plus importante de responsabilité dans la diffusion de nouvelles pratiques et l’utilisation de nouveaux matériaux. Leur puissance de frappe est beaucoup plus importante. On pense par exemple au géant Amazon. Dans un communiqué le 15 novembre 2021, l’entreprise a fait le choix de ne plus utiliser de plastique pour ses livraisons en France. Vu l’ampleur de son service, ce choix revêt une importante particulière :

  • environnemental : 333 millions. C’est le nombre d'articles achetés en France sur Amazon en 2019 selon le cabinet Kantar. S’affranchir des emballages plastiques permet de lutter contre cette pollution.
  • symbolique : Amazon montre l’exemple et utilise son image de marque pour diffuser une nouvelle pratique, bien que l’entreprise ne soit pas précurseur dans le domaine.
  • politique : L’entreprise expose son choix de s’engager
  • stratégique : les entreprises engagées disposent d’avantages concurrentiels
Décision d'amazone sur le plastique

La réponse locale et collective des petits acteurs économiques

Face à ces chiffres, si nous ne voulons pas perdre pied, il est important de se concentrer sur sa marge de manœuvre individuelle. Après tout, les grandes entreprises sont les producteurs d’une source de pollution que nous consommons encore volontiers. On peut donc se demander pourquoi nous la consommons ? Et bien pour des raisons diverses à vrai dire : abondance sur le marché, faible coût du matériau, praticité, hygiène etc. Pour cause, le lobbying incitant à conserver cette matière est réel. Néanmoins notre pouvoir d’influence en tant que consommateur l’est également. Faire le choix du ‘faire autrement’ est un signal fort pour le changement.

Les TPE/PME peuvent donc elles aussi, à leur échelle, faire leur part pour contribuer à la diminution du fléau de la pollution plastique. Et on voit tout de suite comment ! 😉

Réduction du plastique, mode d’emploi

De l’innovation pour remplacer la matière plastique

Il est nécessaire d’avoir des entreprises qui continuent d’investir dans la recherche et le développement. Le but : trouver des substitutions crédibles au plastique. Si effectuer de la R&D n’est pas possible à votre échelle, vous pouvez néanmoins vous renseigner sur les entreprises qui en font, et pourquoi pas, apporter votre soutien : effectuer des partenariats, leur offrir de la visibilité en communiquant sur elles, investir, participer à un pilote etc.

N’oublions pas que les TPE-PME sont souvent à l’origine d’innovations radicales car bénéficiant d’une plus grande souplesse pour saisir les opportunités technologiques ou commerciales. Elles sont d’ailleurs plus promptes que les grosses structures à adopter les innovations produites ailleurs. À coups d’adaptations progressives, d’adoptions de produits nouveaux ou encore de produits de niche, les attentes de la société sont satisfaites grâce à elles. Bref, les TPE/PME ont les moyens d’être à l’avant-garde du changement et de l’innovation. Alors pourquoi ne pas le faire pour le plastique !

Fruits

À titre d’exemple, voici From Peel to peel, une startup venue d’Italie qui propose des emballages alimentaires faits à partir de déchets alimentaires.

Investir dans les projets et entreprises vertes

Pour aider à l’émergence ou à l’amélioration continue de projets et entreprises verts, vous pouvez choisir de les soutenir par l’investissement. N’oubliez pas que la part RSE d’une entreprise est maintenant largement prise en compte par les investisseurs financiers ! En effet il est considéré comme “risqué” d’investir dans une entreprise qui ne prend pas en compte l’aspect environnemental et social de son activité. La réglementation et le marché peuvent, lorsqu’ils fonctionnent de pair, aider à flécher les investissements. La nouvelle loi anti-gaspillage et économie circulaire (loi AGEC), adoptée en février 2020, illustre bien ce fonctionnement et l’intérêt des acteurs économiques à suivre attentivement les réglementations. Donc investir dans les entreprises qui anticipent la réglementation et qui sont en avance sur le temps, c’est encourager ces démarches vertueuses. Elles bénéficient également d’un avantage concurrentiel qui sera bénéfique dans la juste rétribution de votre investissement !

Si vous ne vous concevez pas encore comme un investisseur, vous pouvez opter pour une banque dite verte, qui elle-même investira dans des projets verts.

Abolir l’usage unique ?

On entend partout que qu’il faut abolir les plastiques à usage unique. Et pour cause, ce sont eux que nous retrouvons dans les océans. Néanmoins attention à bien tout prendre dans l’équation. On sait aujourd’hui par exemple que multiplier les tote bags (sac en tissu réutilisable) à un coût environnemental plus élevé qu’un plastique à usage unique au regard de son pouvoir à affecter le changement climatique. En effet, selon les critères retenus, il faudrait utiliser de 100 à 7100 fois le sac pour avoir un effet positif comparé au sac en plastique. Donc opter pour du réutilisable oui, mais attention à vérifier que l’objet servira bien plusieurs fois.

L’autre option pour contourner l’usage unique est de se tourner vers la consigne. À l’image de plus en plus de bars fonctionnant avec des verres consignés, vous trouverez d’autres initiatives comme la consignation du verre qui revient de peu à peu de plus en plus. Des initiatives similaires en B2B, entre acheteurs et fournisseurs, peuvent être aussi envisagées. Enfin, abolir l’usage unique passe aussi par faire l’inventaire de ce dont on dispose déjà pour les utiliser au maximum et optimiser l’achat ainsi que le coût environnemental de leur production.

Déchets plastiques

Des fournisseurs qui font l’effort de limiter les plastiques

Choisir des fournisseurs qui ont eux-mêmes fait le choix de limiter l’utilisation du plastique et d’emballages plastiques, au profit de matériaux biosourcés par exemple, ne pourra qu’être bénéfique pour vous. En effet, dans le cadre d’une démarche RSE, aller vers des fournisseurs vertueux est la manière la plus simple et efficace pour améliorer votre bilan sur l’environnement. Outre la satisfaction d’agir pour la planète, vous améliorerez très vite votre image grâce à vos engagements et en bénéficierez auprès de vos clients.

Voyez le choix concernant les fournisseurs comme un choix stratégique mais aussi un choix politique pour l’entreprise et pour la société dans son entièreté.

Pour un accompagnement personnalisé de votre démarche RSE, ou simplement du choix de vos fournisseurs, prenez rendez-vous avec un·e conseiller·e GreenScale.

Recycler pour optimiser

On notera que si certains métaux et le verre peuvent se recycler à l’infini, ce n’est pas le cas du plastique. Les propriétés originelles des matériaux plastiques se dégradent durant le processus de recyclage. Néanmoins, ne pas utiliser le plein potentiel du plastique en ne le recyclant pas serait aussi du gaspillage. On pense donc bien à faire son tri et à déposer les matériaux dans les bons bacs de recyclage.

Retrouvez dans la ressource de notre newsletter un tableau de suivi de vos déchets que vous pouvez adapter ou simplement imprimer.

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